Faut-il Investir sur l'Action IBM en 2021 et au-delà ?

Mai 12, 2021 14:17 UTC
Temps de lecture: 15 minutes

IBM était une entreprise de référence du domaine de l'informatique pendant trente ans, des années 1950 aux années 1980. Big Blue, son surnom, dominait le marché par sa capacité à proposer des produits et services innovants. L'entreprise américaine était la première à développer les ordinateurs centraux, les disquettes, l'IMS, ou encore les systèmes d'exploitation.

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À l'image des majors pétrolières dans une moindre mesure, son business était intégré horizontalement et verticalement sur l'ensemble du cycle informatique. Horizontalement, IBM commercialisait des produits et services dans le hardware (matériel informatique) et le software (logiciel). Verticalement, IBM fabriquait ses propres composants informatiques. Stratégiquement, leurs ventes se faisaient directement au client final.

Mais depuis les années 2000, IBM peine à faire face à la mutation du domaine de l'informatique. Ses activités Hardware (serveurs, PC, réseau, stockage) qui ont fait son âge d'or, sont structurellement en déclin.

Le retard pris sur les segments clés tels que le cloud, l'intelligence artificielle, l'IoT (Internet des Objets) face à ses concurrents a des conséquences néfastes sur son branding. L'évolution du cours de l'action IBM depuis 2012 n'inspire pas à l'optimisme. Les investisseurs craignent que la mutation de son business model soit vouée à l'échec.

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Bref, investir sur l'action IBM n'attire pas les foules. Elle est considérée comme une entreprise technologique de seconde classe. Le fait de courir après la concurrence est une chape de plomb difficile à retirer. Est-ce une raison de rester à l'écart de Big Blue ?

C'est ce que nous allons voir en analysant les fondamentaux intrinsèques de l'entreprise américaine. Cela passe respectivement par l'histoire de l'entreprise, le business de l'entreprise, l'historique de son cours de Bourse, l'analyse financière, le track record du dividende et les risques-opportunités.

Histoire de l'entreprise IBM

Quand on fait référence à IBM, on l'associe souvent à Thomas Watson. Pourtant, ce n'est pas lui qui est réellement à l'origine de la création de l'entreprise américaine. En réalité, IBM est le fruit d'une fusion entre plusieurs entreprises menée par Charles Ranlett Flint pour former le CTR (Computing-Tabulating-Recording Company) le 16 juin 1911. Le 14 février 1924, CTR fut rebaptisé International Business Machines Corporation (IBM).

Après avoir fait fortune dans la mécanographie dans les années 1930, IBM se développe au cours des années 1950 dans les machines en inaugurant concrètement l'ère informatique avec l'IBM 701, un ordinateur de 20 mètres cubes.

Par la suite, l'entreprise américaine lancera des modèles similaires tels que l'IBM 702 et 650, le disque dur, le langage de programmation informatique, le Fortran et son système d'exploitation OS/360. La cherté de ses ordinateurs et son volume de l'époque ont incité IBM à les proposer en location à ses clients.

Dans les années 1970, IBM était au sommet de son art dans le secteur informatique avec le titre de première capitalisation boursière mondiale. Au cours de cette période, Big Blue se lance dans la micro-informatique avec son premier ordinateur personnel IBM 5100 et l'imprimante laser IBM 3800. La baisse des prix liée à l'offre abondante des ordinateurs personnels, oblige IBM à casser son modèle de location unique et vendre ses propres modèles.

C'est au cours des années 1980 et 1990 que Big Blue va perdre progressivement son leadership du domaine de l'informatique. D'une part, l'apparition de l'ordinateur individuel implique que les ventes passent par des intermédiaires avant d'arriver au client final. D'autre part, la perte de son monopole sur les PC via l'échec de son système d'exploitation OS/2 (au détriment de MS-DOS) va lui valoir des pertes retentissantes.

Avec la démocratisation d'Internet dans les années 2000, IBM migre vers les services au détriment du hardware qui sera délaissé petit à petit à travers des cessions d'actifs. L'entreprise américaine parvient néanmoins à augmenter régulièrement son chiffre d'affaires jusqu'en 2010, mais se confronte tôt ou tard à la dure réalité du secteur technologique où les gagnants d'aujourd'hui pourraient être les perdants de demain.

Son recentrage stratégique vers le cloud et l'intelligence artificielle fut mal compris par le marché. En effet, au cours des années 2010, IBM ne valorisait pas assez ses activités à forte croissance dans ses résultats financiers.

Elles étaient enfouies à la fois dans le GBS (Global Business Services) et GTS (Global Technology Services). Dans la composition de ses revenus, les investisseurs ne voyaient pas cet aspect positif. Par conséquent, le cours de l'action IBM a énormément souffert malgré l'excellent track record de son dividende.

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Business de l'entreprise IBM

Le business d'IBM a énormément évolué par rapport à ses standards historiques. Cela a commencé à partir des années 1990 quand IBM a migré des grands systèmes vers les petits systèmes dans le hardware. Cette migration est moyennement réussie, car Big Blue n'a pas réussi à imposer son système d'exploitation OS/2.

Depuis les années 2000, lBM penchent de plus en plus vers les services qui comptent pour 60 % de ses revenus grâce à ses divisions GBS et GTS.

GBS comprend les activités de consulting, la gestion des applications, le cloud et l'aide aux entreprises à la transformation digitale. C'est une division en forte croissance. L'acquisition de Red Hart est le puzzle qui manquait à IBM pour gagner des parts de marché.

GTS est une division rentable qui comprend l'infogérance et les services de maintenance, mais en déclin structurel à cause de la demande importante dans le cloud public et hybride.

Entre temps, IBM a délaissé ses activités devenues non stratégiques : la division réseau à Cisco, les serveurs x86 et la division PC à Lenovo, les activités software à HCL.

Cette tendance à remettre en question son business model a contraint IBM à scinder ses activités en deux parties distinctes en octobre 2020. L'une gardera le nom d'IBM avec les activités à forte croissance. L'autre s'appellera temporairement NewCo avec les activités en déclin, l'infogérance et les services de maintenance.

Cette scission a des airs de mort programmé d'IBM en l'état que vous le connaissez depuis les décennies 2000 et 2010. L'objectif est de séparer les activités qui pénalisent la croissance réelle de Big Blue. En clair, l'entreprise américaine veut se consacrer au cloud et l'intelligence artificielle.

Pour le moment, le business d'IBM s'articule autour de cinq activités :

✴️ GBS (22 % du chiffre d'affaires)

✴️ GTS (35 % du chiffre d'affaires)

✴️ Cloud & Cognitive (32 % du chiffre d'affaires)

✴️ Systèmes (9,5 % du chiffre d'affaires)

✴️ Global Financing (1,5 % du chiffre d'affaires)

Au niveau géographique, les Amériques représentent 46,4 % de ses revenus. L'Europe/Moyen Orient/Afrique et l'Asie Pacifique respectivement pour 32,1 et 21,5 %.

Concurrents d'IBM

Dans chacune de ses activités où l'innovation est roi, IBM doit affronter une concurrence élevée pour gagner des parts de marché.

Commençons par l'activité qui compte le plus pour Big Blue. Dans le cloud où le potentiel de croissance est important, les principaux concurrents sont Amazon, Microsoft, Alphabet, Alibaba, Salesforce, Tencent et Oracle.

Dans le hardware, IBM est en compétition avec Dell, HP et Xerox. Dans l'infogérance et l'infrastructure informatique, IBM lutte contre Accenture, Hewlett Packard, Wipro Technologies et Capgemini.

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Actionnaires de l'entreprise IBM

Pour les plus nostalgiques, Warren Buffett via sa holding Berkshire Hathaway était le premier actionnaire d'IBM en 2011. Sept ans plus tard, il solde sa participation pour l'investir sur Apple.

Aujourd'hui, les actionnaires majoritaires au capital d'IBM sont pour la plupart des sociétés de gestion d'actifs à travers des fonds mutuels. Aux trois premières places, on retrouve respectivement Vanguard Group, State Street et Blackrock à hauteur de 7,8, 5,8 et 5,6 % du capital.

On notera également la présence du fonds souverain norvégien qui possède une participation de 1,2 % du capital.

Historique du cours de l'action IBM

L'action IBM a connu deux périodes dorées depuis la chute du Mur de Berlin, un des événements clés de la mondialisation.

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Source: MT5 Edition Suprême Admirals, graphique mensuel IBM Corp. #IBM, du 1er avril 2007 au 5 mai 2021, édité le 5 mai 2021 à 11h44. Veuillez noter: Les performances passées ne garantissent pas nécessairement les performances futures.

La première période dorée a démarré en août 1993 pour prendre fin en juillet 1999 avec une performance de cours de l'action de 1 268 %. Ensuite, l'entreprise américaine a perdu plus de 60 % suite à l'éclatement de la bulle des Dotcom jusqu'en octobre 2002.

C'est à partir d'octobre 2002 que commence la seconde période dorée de l'action IBM qui coïncide à la mutation de son business vers les services. Elle va durer en deux temps. La première d'octobre 2002 jusqu'à juillet 2008 avant que la crise des subprimes bat son plein.

D'ailleurs, son cours de Bourse s'est redressé rapidement après un chute de 47 % en quelques mois. La seconde de novembre 2008 jusqu'à mars 2013 avec un bull run d'environ 213 % et un plus-haut historique à 215,9 $ en mars 2013.

Depuis son pic historique de mars 2013, l'action IBM n'est plus que l'ombre de lui-même à cause de ses activités en déclin dans l'infogérance, la maintenance des services et les systèmes qui pénalisent sa forte croissance dans le cloud et l'artificielle.

Bien que Big Blue soit présent sur ces deux marchés à fort potentiel, sa part de marché reste négligeable par rapport à celui d'Amazon, Microsoft, Alphabet et Alibaba. Il n'est pas le choix numéro un des clients désireux d'investir dans la transformation digitale.

Pendant sept ans (de mars 2013 à mars 2000), l'action a connu un pénible bear market en voyant sa capitalisation boursière chuter de 58 % avec des plus-hauts moins élevés et des plus-bas plus élevés.

Au pire de la crise du Covid-19, le cours de l'action IBM cotée au NYSE est revenu en dessous des 100 $ pour la première fois depuis juillet 2009. Depuis son point bas de mars 2020, il s'est redressé spectaculairement au point d'arriver à des niveaux clés pour envisager un retournement de tendance à la hausse.

Dividende et rendement d'IBM

S'il y a une chose qui peut inciter les investisseurs à avoir de l'intérêt pour IBM, c'est l'attractivité de son rendement. Au 29 avril 2021, il s'élève à 4,4 % en moyenne sur les cinq dernières années. Ce qui est rare dans le secteur technologique et plus élevé par rapport à l'inflation aux États-Unis. De plus, Big Blue distribue pour la vingt-cinquième année consécutive un dividende en hausse et entre dans le cercle fermé des aristocrates à dividende.

Cependant, la croissance du dividende d'IBM masque ses difficultés structurelles au cours des années 2010. Son rendement élevé est le reflet de la performance médiocre de l'action au cours de cette période.

Source Seeking Alpha :

  • 2015 : 5 $
  • 2016 : 5,5 $
  • 2017 : 5,9 $
  • 2018 : 6,21 $
  • 2019 : 6,43 $
  • 2020 : 6,51 $

Avec des fondamentaux intrinsèques inquiétantes, faut-il s'inquiéter de la solidité du dividende d'IBM malgré son statut d'aristocrate à dividende ?

La scission de IBM annoncée en octobre 2020 est la conséquence d'une baisse de son chiffre d'affaires et ses bénéfices depuis 2012. Les changements de business model au cours des dernières décennies ont contribué à la perte d'authenticité de son branding et l'incertitude des investisseurs par rapport à ses perspectives de croissance.

Quand la profitabilité n'est pas au rendez-vous pendant plusieurs années, la rentabilité se dégrade rapidement. Pour rattraper ses concurrents dans le cloud et l'intelligence artificielle, IBM a dû s'endetter. Ses ratios d'endettement suscitent l'inquiétude à court terme. La dette/EBITDA et dette/Free cash flow sont respectivement de 3,7 et 3,4.

Ce qui reste élevé par rapport à la moyenne du marché. Le taux de couverture des intérêts est en chute constante chaque année à 7,77. La dette/capitaux propres s'élève à 284 %.

En plus d'un endettement difficilement soutenable, l'indicateur phare pour évaluer la solidité du dividende, le payout ratio, est en alerte rouge à 104 % alors que la limite à ne pas dépasser tourne autour de 70-80 %.

Fort heureusement, Big Blue a su maitriser ses coûts opérationnels pour préserver un niveau de trésorerie important. Le free cash flow par action à 14,13 $ contre un dividende par action à 6,51 $ en 2020 laisse une marge de sécurité à IBM de verser un dividende à ses actionnaires.

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Risques-Opportunités

En perdant ses avantages compétitifs durables depuis les années 2000, IBM n'est plus l'action technologique de référence. Face à ses concurrents qui ont un temps d'avance, Big Blue s'est affaibli financièrement. La croissance de son dividende et son statut d'aristocrate à dividende ne suffisent pas à convaincre les investisseurs.

Quand on vous parle de cloud et d'intelligence artificielle, les investisseurs préfèrent investir dans Amazon, Microsoft et Alphabet. En plus d'être des entreprises bien gérées financièrement, elles diversifient leur business sur des activités très porteuses à long terme. Avec Amazon, c'est le numéro du commerce en ligne.

Avec Microsoft, c'est un des leaders des consoles de jeux vidéos. Avec Alphabet, c'est une machine à cash avec Android et YouTube en plus d'être le premier moteur de recherche au monde. En comparaison, IBM ne fait pas vraiment le poids face aux trois membres des GAFAM.

En séparant ses activités de forte croissance et celles qui seront en décroissance structurelle avec l'entité provisoire NewCo, IBM se donne une dernière chance pour réécrire une belle histoire. Elle ne dispose plus de marge de manœuvre.

Tout porte à croire à un avis extrêmement négatif sur l'action IBM au niveau fondamental. L'analyse graphique de l'action IBM n'y aide pas avec un tendance baissière bien installée depuis mars 2013. Néanmoins, Big Blue montre quelques signes d'espoir pour les investisseurs de long terme.

D'une part, l'entreprise américaine a eu la prouesse d'augmenter son dividende en période de crise en 2020. D'autre part, son cours de Bourse arrive sur une résistance oblique de sa ligne de tendance baissière de mars 2013. Si l'action IBM parvient à la casser à la hausse dans les semaines ou mois à venir, elle pourrait attirer de nouveaux flux d'investisseurs.

Quand tout le monde est contre une action, c'est souvent une belle opportunité d'investissement.

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