Bourse: Point Hebdomadaire des Marchés Financiers du 21 Mars 2020

Mars 21, 2020 17:30

Par Ghiles Guezout-

Voici tout ce que les traders doivent savoir sur cette semaine de trading et pour préparer la semaine à venir alors que le printemps arrive.

Les indices boursiers américains enregistrent leur pire semaine depuis 2008

Les indices américains ont encore lourdement chuté cette semaine, avec une accélération baissière vendredi après la clôture européenne. L'incertitude liée aux mesures de relance budgétaire et le coronavirus qui se propage rapidement ont en effet pesé sur le sentiment des traders.

Accentuant l'inquiétude des marchés financiers, le Sénat n'a pas été en mesure de présenter un plan de relance budgétaire très attendu. Ainsi, Wall Street a connu sa pire semaine depuis 2008.

Le Dow Jones a chuté de -17,30%, évoluant au plus bas depuis janvier 2016. Le S&P 500 a perdu -14,98%, tandis que le Nasdaq a encore une fois relativement mieux résisté, affichant tout de même une baisse de -12,52%.

En Europe, les principaux indices boursiers ont enregistré deux séances de hausse jeudi et vendredi, mais terminent tout de même la semaine en baisse.

Le CAC 40 français a perdu -1,69%, le DAX 30 allemand a chuté de -3,28%, tandis que l'indice paneuropéen Euro Stoxx 50 a glissé de -1,45%.

Il est cependant important de noter que les indices européens n'ont pas subi l'impact de la chute de vendredi soir, suite à la déception d'absence de mesures du Sénat américain.

Le Dollar américain au plus haut depuis plus de 3 ans

Le rallye du Dollar de la semaine dernière s'est poursuivi cette semaine, alors que l'indice du Dollar (DXY) a évolué au plus haut depuis janvier 2017 pendant la semaine à 102,99. Le Dollar s'est légèrement replié vendredi, mais il a clôturé au plus haut depuis mars 2017 à 101,95.

La ruée vers le Dollar refuge s'est accentuée avec l'aversion au risque sur les marchés financiers. Mais aussi à cause d'inquiétantes baisses des liquidités dans toutes les classes d'actifs, alors que les salles de marchés du monde entier, et celles de Wall Street, se vident avec le confinement, les traders restant chez eux.

Ainsi, les traders qui opèrent encore sur les marchés depuis chez eux, achètent massivement des dollars, l'actif le plus liquide au monde. Pour pallier à cette situation, la Fed a annoncé vendredi qu'elle allait également inclure les obligations municipales à son programme d'achat d'actifs. Ce qui a atténué la hausse du Dollar avant la fin de la semaine.

Dans le détail des devises du G10, le Dollar a le plus progressé face aux devises des matières premières, ce qui n'est pas surprenant au vue de la chute des prix du Pétrole. Le NOK norvégien (-16,62%), la SEK suédoise (-8,27%), l'AUD australien (-7,01%), le NZD new-zélandais (-6,19%), la livre sterling GBP (-5,42%) et le CAD canadien (-3,84%) sont donc logiquement les grands perdant de cette semaine face au Dollar.

Notons que le GBP a encore chuté alors que la Banque d'Angleterre (BoE) a surpris en annonçant une baisse de taux cette semaine. La politique trop laxiste du gouvernement britannique vis-à-vis du coronavirus a également effrayé les traders, qui ont massivement vendu la livre sterling depuis le début de la crise sanitaire en Europe.

Le JPY japonais (-2,7%) et le CHF (-3,54%) ont aussi logiquement le mieux résisté à la hausse du Dollar, alors qu'ils représentent eux aussi des actifs refuges.

Enfin, l'EUR a reculé de -3,76% face au USD, alors que l'intervention de la BCE pour soutenir les pays les plus vulnérables de la Zone Euro a brièvement endigué la chute de la monnaie unique.

Source: Performance relative du US Dollar vs G10 sur 1 semaine, Poundsterlinglive, réalisé le 21 mars 2020

Le Pétrole perd 25% de sa valeur en 1 semaine, et 50% en 1 mois

La chute des cours du pétrole s'est poursuivie cette semaine, alors que le ralentissement économique et la guerre des prix font baisser la demander et augmenter l'offre.

Pour rappel, la demande de pétrole a fortement reculé dans le monde, alors que le coronavirus freine l'activité mondiale. Dans le même temps, l'échec d'un accord de baisse de la production entre l'Arabie Saoudite et la Russie a provoqué une guerre sur les prix et des hausses de la production de pétrole.

La combinaison de ces deux facteurs a poussé le pétrole américain WTI en baisse de -25,43% cette semaine, accentuant la chute à 55,68% en un mois. Le pétrole Brent, soit le prix de référence mondial, a perdu -19,11% cette semaine, et -53,20% en un mois.

Les deux indices de prix du baril évoluaient sous 30 dollars à la clôture de vendredi.

L'or pour sa part a encore reculé cette semaine, mais le mouvement ralentit avec une perte de -1,03%. Les investisseurs continuent en effet de vendre leurs avoirs en or pour obtenir des liquidités et libérer de la marge dans leurs portefeuilles.

DEBUTEZ LE TRADING DES LUNDI

Les données économiques commencent à montrer l'impact du coronavirus

Les données économiques du mois de mars commencent à affluer, et montrent déjà l'impact du coronavirus sur l'économie.

Aux Etats-Unis, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York a chuté à -21,5 en mars, contre 12,9 en février, atteignant son plus bas niveau depuis mars 2009. Il est à comparer avec les attentes du marché qui étaient de 4,4.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie a chuté à -12,7 en mars, contre 36,7 en février et bien en deçà des attentes du marché, qui étaient de 10. Il s'agit de la valeur la plus basse depuis juillet 2012.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage US ont augmenté à 281 000 au cours de la semaine terminée le 14 mars, par rapport au niveau non révisé de la semaine précédente à 211 000, et bien au-dessus des attentes du marché à 220 000. C'est le plus haut niveau de demandes initiales depuis le 2 septembre 2017, où elles étaient de 299 000.

Les ventes au détail US ont chuté de -0,5% en février, avant même que le coronavirus ait un réel impact dans le pays. Cela fait suite à une augmentation de 0,6% révisée à la hausse en janvier, alors que le consensus tablait sur une hausse de 0,2%. Il s'agit de la plus forte baisse depuis décembre 2018.

En Zone Euro, l'indicateur ZEW du sentiment économique a chuté de 59,9 points par rapport au mois précédent pour atteindre -49,5 en mars, le plus bas depuis décembre 2011.

En mars, 67,9% des analystes interrogés s'attendaient à une détérioration de l'activité économique, 13,7% ne prévoyaient aucun changement, tandis que 18,4% prévoyaient une amélioration.

L'indicateur Ifo du climat des affaires en Allemagne a chuté de 8,3 points par rapport au mois précédent pour atteindre 87,7 en mars, ce qui représente la plus forte baisse depuis 1991 et le niveau le plus bas depuis août 2009.

La Fed et la BCE en soutien

La Fed a abaissé la fourchette cible de son taux directeur de 100 points de base à 0%-0,25% et a lancé un programme massif d'assouplissement quantitatif (QE) de 700 milliards de dollars lors d'une opération d'urgence le 15 mars pour protéger l'économie américaine des effets du coronavirus.

La BCE quant à elle a lancé un nouveau programme d'achat d'actifs de 750 milliards d'euros mercredi, afin de contrer les risques posés par l'épidémie et la diffusion croissante du Covid-19.

La banque centrale européenne achètera ainsi des titres de la dette publique et des titres privés jusqu'à la fin de l'année, afin de s'assurer que tous les secteurs de l'économie, y compris les ménages, les entreprises, les banques et les gouvernements, puissent bénéficier de conditions de financement favorables leur permettant d'absorber le choc.

Les décideurs politiques se sont également engagés à augmenter la taille de ses programmes d'achat d'actifs et à en ajuster la composition, autant que nécessaire et aussi longtemps que nécessaire.

Les principaux événements à surveiller la semaine du 23 mars 2020

Le nouveau coronavirus continuera de faire les gros titres, les investisseurs surveillant la propagation du Covid-19 et espérant davantage de mesures de relance de la part des banques centrales et des gouvernements du monde entier.

Sur le front des données économiques, les demandes d'allocations de chômage aux États-Unis pourraient atteindre un niveau record, tandis que les enquêtes PMI flash pour les États-Unis, le Royaume-Uni et la Zone Euro donneront un aperçu de l'impact précoce de la pandémie sur l'économie mondiale.

Parmi les autres données clés à suivre figurent le PIB final des États-Unis pour le quatrième trimestre, les revenus et dépenses des particuliers et les commandes de biens durables, la décision du Royaume-Uni en matière de taux d'intérêt et le taux d'inflation, ainsi que le moral des consommateurs de la Zone Euro.

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Ghiles Guezout
Ghiles Guezout Analyste Marchés, Admirals France

Analyste marchés, Ghiles Guezout a accompagné des centaines de traders débutants avant de rejoindre Admirals, il pratique une approche très pédagogique dans ses analyses, de sorte que tout le monde puisse comprendre et apprendre le trading !